Attaque antisémite dans un parc après les attentats

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Samedi dernier, 26 mars, deux jeunes hommes juifs ont été victimes de jets de pierres dans le parc de Forest. Vers 18h30, un groupe de trois jeunes, s’en prend à Adam (prénom d’emprunt), un jeune bruxellois et son beau-frère, un rabbin des Pays-Bas, en visite.

C’est samedi 26 mars vers 18h30 que dans le parc de Forest, Adam (prénom d’emprunt), un jeune bruxellois et son beau-frère, un rabbin des Pays-Bas, en visite à Bruxelles, sont les cibles de jets de pierres et de moqueries. «Nous avons traversé le parc en allant à la synagogue. En passant devant trois jeunes maghrébins assis sur un banc, ils ont commencé à rigoler», raconte Adam. Les deux Juifs religieux, passent leur chemin quand, «nous avons vu des petites pierres voler partout et l’une d’entre elles m’a touché au visage», relate Adam. Heureusement, personne n’a été blessé. Les deux jeunes hommes, craignant que la situation dégénère, décident de ne pas réagir et s’en vont.

Samedi soir, durant le Sabbat les Juifs ne peuvent pas conduire. Adam et son beau-frère partent donc, à pied à la recherche d’un agent de police à proximité mais n’en trouvent pas.

UNE PLAINTE DÉPOSÉE

Ne trouvant pas d’agent dans le quartier, ils s’en remettent au responsable de la sécurité de la synagogue. Ce dernier appel le commissariat vers 20h30-21h, à la fin du Sabbat. Les policiers se rendant au domicile d’Adam à Saint-Gilles. «Un agent m’a alors expliqué que ça ne servait à rien de porter plainte. J’allais perdre deux heures au commissariat et puis j’allais devoir aller à l’hôpital. Donc je n’ai rien fait», explique le Bruxellois.

Finalement, pour Adam et son beau-frère, rabbin aux Pays-Bas, un commissaire de la zone Midi a ouvert une enquête. «Un dossier judiciaire a été ouvert et sera transmis au parquet», nous informe Marie Verbeke, porte-parole de la zone de police Midi. «Il faut voir maintenant s’il y a des images de vidéo surveillance ou si les victimes reconnaissent leurs agresseurs», ajoute-t-elle.

COMMUNAUTÉS SOUS TENSION

Pour Adam, cet événement était une première. «On m’a déjà insulté mais jamais jeté des pierres» dit-il. Son beau-frère, un jeune rabbin est retourné aux Pays-Bas. Dès le lendemain des faits, il s’est confié à la Jewish Telegraphic Agency, une agence de presse juive américaine «J’espère et je prie pour que les leaders des communautés musulmanes en Europe endiguent cette obsession néfaste dont font preuve leurs coreligionnaires à l’égard d’Israël et des Juifs. Ils doivent prendre leurs responsabilités et enfin éduquer leurs jeunes», a-til déclaré.

Les deux hommes gardent un mauvais souvenir de cette rencontre. «C’est un acte terroriste en Belgique à cause de notre religion», affirme Adam.

AUGMENTATION DES AGRESSIONS ANTISÉMITES

«Je ne suis pas surpris de ce qu’il s’est passé dans le parc de Forest», déclare Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l’antisémitisme. Selon lui, la période qui suit des attentats est propice aux attaques antisémites. «Nous l’avons constaté pour la première fois après le 24 mai et l’attentat contre le Musée juif.» Il ajoute: «Au lieu de calmer les tensions nous constatons une recrudescence de l’antisémitisme.»

Les agressions envers les juifs sont souvent peu investiguées. «Dans beaucoup trop de cas, la police décourage à porter plainte ou ne fait pas le suivi», confirme, le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme. Il est partisan de la politique de tolérance zéro. «Il faut pénaliser les petits délits. Il faut stopper le mouvement à la racine!», dit-il. «Les drapeaux israéliens enlevés du mémorial place de la Bourse et remplacés par des drapeaux palestiniens, sont l’exemple de petits délits qui peuvent devenir plus graves», conclut-il.

JOY CITEGETSE

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