Fusillade au Musée Juif de Bruxelles

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Les trois premières victimes ont été identifiées afin de prévenir les familles. La fusillade a eu lieu devant le Musée Juif, dans le quartier du Sablon, à Bruxelles. Un suspect a été arrêté. Joëlle Milquet affirme qu’il s’agirait probablement d’un attentat antisémite.

Trois personnes sont décédées, deux femmes et un homme. Un autre homme, a été grièvement blessé lors d’une fusillade samedi, vers 15h50, au Sablon, à Bruxelles, indique le porte-parole des pompiers de Bruxelles Pierre Meys. La personne blessée, dans un état critique, est actuellement soignée à l’hôpital Saint-Pierre. La police a déjà identifié les trois personnes qui ont perdu la vie lors de ce drame afin d’avertir leurs familles au plus vite.

Une plaque d’immatriculation aurait été notée par la police. Un suspect a été arrêté. Il est passé sous statut de témoin. Un homme, arrivé en voiture, serait rentré dans le musée, situé rue des Minimes, avant d’ouvrir le feu puis de prendre la fuite. Une voiture l’attendait.

Douze personnes gravement choquées ont été prises en charge par les services d’assistance. «Un tel acte, en plein cœur de Bruxelles, au musée juif, c’est extrêmement grave», affirme Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles, au micro de la RTBF.

«C’est un acte terroriste, l’assassin est entré délibérément dans un musée juif», a déclaré à l’AFP le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA), Joël Rubinfeld.

«Il a tué trois personnes, en blessé une, une voiture l’attendait à proximité», a ajouté M. Rubinfeld. «Cela devait hélas arriver, il y a eu une libération de la parole antisémite. C’est le résultat inévitable d’un climat qui distille la haine», a estimé le président de la LBCA.

«Choqué par les meurtres commis au musée juif, je pense aux victimes que j’ai vues sur place et à leurs familles», a réagi sur son compte Twitter le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui se trouvait dans le quartier du Sablon où se situe le musée ainsi que de nombreux antiquaires.

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet s’est également déplacée au Musée Juif de Belgique. «Tout porte à croire qu’il s’agit d’un attentat antisémite», a-t-elle déclaré à La Libre Belgique.

Le Premier ministre Elio Di Rupo s’est dit «très choqué», tout comme le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders qui se trouvait à proximité du Sablon samedi après-midi. «Choqué par les meurtres commis», il s’est rendu sur les lieux.

«Il y avait une jeune femme avec du sang sur la tête»

Un témoin, Alain Sobotik, a déclaré à l’AFP avoir vu «deux corps» dans le hall d’entrée du musée.

«Il y avait une jeune femme, avec du sang sur la tête. Elle tenait encore un dépliant dans les mains, on aurait dit une touriste», a déclaré ce témoin, joint par téléphone.

«Un peu plus loin à l’intérieur, il y avait un monsieur étendu. Un pompier palpait sa carotide, mais je pense qu’il était mort», a ajouté M. Sobotik, qui habite le quartier et qui affirme avoir croisé Didier Reynders sortir «livide» du musée.

«Un acte terroriste et antisémite»

«Ce qui s’est passé était prévisible», a réagi le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) Joël Rubinfeld.

«Cela devait hélas arriver. Nous assistons ces dernières années à une libération de la parole antisémite. Elle reprend du poil de la bête, notamment à travers les discours de l’humoriste Dieudonné ou du député Laurent Louis», estime M. Rubinfeld. «La fusillade de ce samedi est le résultat inévitable d’un climat qui distille la haine.»

«Le plus important aujourd’hui est d’arrêter les responsables de la fusillade, qui, pour moi, n’est autre qu’un acte terroriste, et de les traduire en justice. Mais demain, il faudra également user de tous les moyens légaux pour faire taire les prêcheurs de haine qui ont une responsabilité dans la propagation du virus antisémite», ajoute-t-il.

«Il s’agit d’un combat qui ne concerne pas que la communauté juive mais l’ensemble du pays et ses valeurs fondamentales», a-t-il conclu.

Les collections du Musée Juif de Belgique reflètent la vie et l’histoire des populations juives des Pays-Bas et de Belgique depuis le XVIIIe siècle. Il est situé dans l’un des quartiers les plus touristiques de la capitale belge.

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